Théâtre

La Compagnie Les Énervées

Presque, je me chuchote que tout va bien

EN RÉSIDENCE DU 29 MARS AU 2 AVRIL
Compagnie originaire de Saint-Denis

Dans notre société, les hommes, les patriarches n’ont pas peur de battre, d’agresser ou encore de violer les femmes. La Loi les protège. Les condamnations sont bien moindres par rapport au nombres d'agressions reconnues juridiquement. 

Car souvent le silence, la honte, le déni accompagnent les femmes victimes de violences sexuelles. 

Le temps est long, les années passent et les oppressions demeurent avant les premières déclarations.

Cette temporalité est importante et souvent le système pénal n’est pas conçu pour les victimes. L'horloge de la prescription sonne l'arrêt de la reconnaissance.

La mémoire traumatique est insoutenable et trouble. Un défi, des épreuves pour obtenir grâce et justice d’un système défaillant.

C'est le récit d'une trajectoire fulgurante, on suit le parcours de cette femme qui se souvient des violences sexuels pendant son adolescence.

Abandonnée par sa génitrice dans sa jeunesse, elle décide d'affronter ces monstres. Elle tente en vain de se défaire de cette emprise douloureuse, d'une enfance manqué.

Seule, elle se construit face à un monde rude, où l'espoir apparaît comme un songe délicat. "Je suis un monstre rongé par la culpabilté."

L'autre personnage c'est cet homme, l'histoire incestueuse entre pulsion et interdit, dévoilant l'appétit d'un incesteur, tel un ogre sexuel, consommateur de la "toute-puissance" vivant avec ces désirs et ces fantasmes.

Un scénario de contrainte entre attirance et passage à l'acte. Une lutte pour ne plus être récidiviste. Car il faut apprendre à se reconstruire. Le monstre est potentiellement à l'intérieur de chacun, il faut apprendre à l’apprivoiser et à le dominer.

Les témoignages s'enchaînent car pour se sortir de la souffrance des déviances sexuelles, une seule solution: libérer la parole.

Le système de domination de l’inceste c'est vivre dans la plus petite unité qui soit. Celle de la famille. Il normalise tout de suite la violence, l’écrasement, il codifie le silence.

Dans cette chimère épique, nous sommes face au chaos et au désordre humain.

Ce récit nous raconte la tragédie d'une génération volcanique, une épopée contemporaine où l'on tente de déconstruire les rapports humains qu'ils soient sociaux, raciaux et politiques.

Ici, s’échouent des êtres désaccordés et désarticulés tombés au bout de ce monde, dans cet espace stérile. Un lieu unique où se côtoient ces personnages très différents, mais proches dans leurs passions et leurs luttes.

Ensemble, ils tentent en vain de ne pas reproduire les cercles de la violences qui animent leurs desseins, mais plutôt de controverser les injonctions résultant de la domination dans notre société.

 

______________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Créee en 2019 La Compagnnie Les Enervées s'empare de sujets d'actualité. 
Le premier spectacle "Tchoko" est un monologue seul-en-scène, qui traite des problématiques d'une adolescente noire en quête d'identité et de reconnaissance sociales, au moyen et au prix de la dépigmentation de sa peau. 
La compagnie les Enervées cherche à travers l’écriture contemporaine un cri inépuisable, un souffle vers des langues plurielles afin de se raconter et de se réapproprier nos histoires. 
Nous sommes des artistes énervés et révoltés. Chacun de nous est animé par un désir de créer et de fabriquer notre théâtre, notre édifice. Nous mettons tout en œuvre pour inventer des nouvelles formes de récits. 
Le dramaturge et metteur en scène Sony Labou Tansi avait écrit une pièce : L’acte de respirer. Un texte inspirant force, lutte et humanité. Car il nous propose dans cette oeuvre un théâtre imprévisible qu'on ne peut maîtriser. Car le théâtre nous échappe, et il est difficile de le dompter. 
Ensemble, nous questionnons notre système capitaliste, patriarcal, et racial afin de déconstruire les rapports de dominations et des représentations qui figurent dans les médias et la culture d'aujourd'hui.

TEXTE ET MISE EN SCÈNE : Olivia Mabounga
AVEC : Salomé Ayache et Jean Sachetti
DRAMATURGIE : Marthe Degaille
SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES : Aliénor Durand
COMPOSITION MUSICALE ET CRÉATION SONORE : Victor Pavel
SOUTIENS : Jeune théâtre National, Ecole Supérieure d'Art Dramatique, Le Théâtre Bain Douche